Pourquoi manger de la « fausse viande » ?

J’ai eu hier une conversation intéressante avec mon collègue François, qui m’a avoué ne pas comprendre l’intérêt des simili-carnés, les produits ayant le goût et l’apparence de la viande, sans en être… En gros, il m’a demandé « quel est l’intérêt de manger un truc qui a l’apparence et le goût de la viande alors que tu manges pas de viande ? »

Cher François, je me permets de te répondre via ce billet et par la même occasion, répondre à ceux qui m’ont déjà fait la remarque. J’espère que mon avis, bien que tout à fait personnel, éclaire ta lanterne et – éventuellement – te fasse voir les simili-carnés sous un meilleur angle.

Spoiler Alert : J’aime la viande.

Habituée depuis ma plus tendre enfance à consommer de la viande en entrée et plat principal tous les jours, à tous les repas, à l’apéro, en grignotage… on a au fil des années, habitué mon palais (et donc mon cerveau) au goût, la vue, la texture et l’odeur de la viande. Aujourd’hui, malgré mes 3 (petites) années de végétalisme, j’ose dire que oui, je trouve l’odeur des grillades estivales appétissante, l’odeur du poulet rôti qui vient du marché est une madeleine de proust et l’idée d’une raclette me fait saliver. C’est vrai et je l’assume entièrement. #VeganDeMerde

Alors quel bonheur de pouvoir retrouver ces saveurs familières dans des plats qui ne sont pas issus d’un système qui me dégoûte et que je trouve injuste ! Me faire plaisir tout autant que toi, sans pour autant être amenée à rompre mes engagements et culpabiliser. Et pouvoir dire « oui, je peux me passer de chair animale ».

Je tiens à être claire sur la question suivante : sans simili-carné, je serais tout aussi engagée dans la cause animale. Ce n’est pas bien difficile de bien manger sans substituts, d’ailleurs c’est ce que je fais la plupart du temps. En effet, tout le monde ne peut pas se permettre de manger des simili-carnés comme ça, en veux-tu en voilà parce que ça coûte très cher. J’insiste vraiment sur le « très ». Nouveau mode alimentaire, peu répandu, parfois issu d’un processus complexe, l’addition est salée. Dans un autre sens, les produits carnés bon marché sont souvent mauvais et ceux de qualité demandent aussi un effort financier. A mes yeux c’est kifkif, si tant est qu’on aime bien manger.

Grâce aux simili-carnés, je peux quand même faire des raclettes, des barbecues, des burgers, des plats en sauce, des lasagnes ou gratins. Quand j’ai le temps et l’envie de cuisiner, c’est l’éclate : je détourne des recettes à base de viande pour en créer de nouvelles, j’assaisonne, pimente, mijote, mélange et j’obtiens des saveurs inédites avec des ingrédients que je ne connaissais pas il y a quelques mois. Et puis les jours où j’ai la flemme, je reprends mes habitudes d’avant transition, à savoir « viande »/accompagnement. Je me fais réchauffer des végé-saucisses et j’ouvre une boîte de petits pois. Facile…

Les simili-carnés me permettent aujourd’hui de me préparer un sandwich quand je dois prendre le train, car je n’ai jamais trouvé de sandwich végétalien à la gare (juste tomate fromage, pour les moins regardants). Les Fauxmages me permettent de faire des gratins dauphinois qui dépotent et même des fondues qui puent et qui pèsent au bide quand il fait froid. J’ai de super carpaccios grâce au seitan ou des imitations d’oeufs brouillés avec du tofu soyeux. Les saucisses végétales me permettent de participer aux barbecues en famille. Et d’ailleurs, en parlant de famille, heureusement qu’à Noël j’ai mon substitut de foie gras pour avoir des petits toasts gourmands, moi aussi.

A mes yeux, être vegan ne consiste pas à vouer sa vie aux légumes de son potager pour les manger crus. Etre vegan ce n’est pas non plus manger sain tout le temps. D’ailleurs, être vegan ne consiste pas à avoir sous les yeux une « to do list ». Il n’y a pas de règles, ce n’est pas une compétition ou une hygiène de vie à respecter, comme peuvent avoir les personnes qui font du fitness ou ont un régime alimentaire strict pour des raisons de santé. Etre vegan c’est percuter que dans son assiette on est jamais tout seul : « Oui, j’ai de la chance de manger à ma faim chaque jour, mais est-ce que ce que j’ai dans mon assiette peut être considéré comme chanceux ? ». Je te passe le laïus de ce qu’il se passe avant d’avoir un steak ou un sushi dans l’assiette, ce n’est pas le but de mon article et puis tu le sais déjà, tout ça.

Je me ferais peut-être engueuler par certaines personnes, mais le burger vegan chez Macdo, je valide. Si ça peut permettre de banaliser le veganisme et si ça peut permettre à mon fils d’aller avec ses copains manger du gras, je valide grave. Herta qui fait des steaks végés ? Je valide aussi, je peux me faciliter la vie et ça permettrait à des curieux qui n’y auraient peut-être jamais pensé de goûter.

Voilà François, j’espère avoir répondu à ton interrogation et que la question des simili-carnés te paraît maintenant plus sensée. Merci à toi d’avoir soulevé un point que je n’avais pas pensé à aborder avant. Bisous carencés.

 

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Une réflexion sur “Pourquoi manger de la « fausse viande » ?

  1. Super article! Je trouve que tu as tout à fait raison, malgré que ce ne soit pas le meilleur pour la santé, cela fait du bien d’avoir des saucisses végé et autres…

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